Oui, que soit le fleuve et que coure le fleuve.
De l’Envol cassé tirer une leçon : le feu peut s’emparer d’un cahier inachevé, penser emporter avec lui tous les écrits et les pages blanches. Mais il y a toujours quelques infimes riens qui échappent à sa vigilance, à ses langues gourmandes, à sa rage destructrice. Dans le foyer fumant encore, le vent soulève les cendres et de la couche grise émerge soudain ici une page, là un mot, ici encore une trace d’encre. Et à partir de ces « infimes » tout ce que l’on croyait achevé redevient possible. Et l’on peut reconstruire.
Ainsi donc, en ce lieu nouveau, emplie d’un regain de forces et d’une bonne dose d’optimisme je repars d’un pied vaillant, plus sûre que jamais d’avoir en moi cette puissance, cette jouissance dans les mots toute personnelle.
A partir de mes anciens textes, sauvés grâce à la solidarité et à la gentillesse de mes amies (s), je vais créer les fondations de cette demeure, comme l’on prend les vieilles pierres d’une maison pour orner un mur neuf. Il me faut revenir en arrière pour mieux repartir.
Ma nouvelle maison, mon nouveau jardin seront faits de bric et de broc, de hier et de maintenant, c’est ainsi que je parviendrai à me reconstruire… petit à petit l’ancien amenant le nouveau.
Et le fleuve pour me porter.